La liste est prête. Quelqu'un l'a écrite entre deux réunions, ou sur le trajet du retour, ou dans la file d'attente de l'école. Quelqu'un a ouvert les placards mentalement, fait l'inventaire de ce qui reste, croisé avec ce que le foyer acceptera de manger cette semaine, vérifié ce qui manque, et tout noté sur un bout de téléphone.
Personne n'a demandé que ce soit fait. Personne ne va dire merci. Ce n'est même pas une tâche — c'est un réflexe, un automatisme, un travail invisible qui se répète chaque semaine sans que personne dans le foyer ne se demande qui le fait.
Ce quelqu'un, très souvent, c'est une femme.
Un chiffre, et ce qu'il dit vraiment
Le chiffre vient d'Ipsos et de la Fondation Nestlé France (mars 2023, n ≈ 1 000) : 71 % des femmes déclarent faire la liste de courses seules. 68 % déclarent décider seules des menus de la semaine.
Déclarent. Le mot compte. Dans la même étude, les hommes répondent 47 % et 49 %. Les deux ne peuvent pas être vrais en même temps — l'écart est un écart de perception autant que de réalité. Mais ce que le chiffre dit avec certitude, c'est que la personne qui porte cette question, dans la grande majorité des foyers, sait qu'elle la porte seule. Que l'autre le sache aussi ou non ne change rien à la charge.
Et cette charge ne se mesure pas en minutes. Elle se mesure en décisions. Pas « faire les courses » — ça, c'est une action, ça se délègue. Mais « savoir ce qu'il faut acheter, pour quoi, pour quand, et si ça vaut le coup » — ça, c'est une série de choix imbriqués que personne ne voit, que personne ne demande, et que personne ne sait refaire quand la personne qui les porte n'est pas là.
C'est une compétence que le foyer ne sait pas nommer. Quand la personne qui la porte part en voyage, le reste du foyer ne sait pas quoi manger. Pas parce qu'il n'y a rien — parce que personne ne sait croiser ce qu'il y a avec ce qu'il faut, ce qu'on peut, et ce qui a du sens ce soir-là.
Ce n'est pas la liste, le problème
La liste, c'est la partie visible. C'est le bout de papier ou l'écran qu'on peut photographier, partager, déléguer. Quelqu'un d'autre peut aller faire les courses avec la liste. Ça se voit, ça se fait, ça se mesure.
Mais avant la liste, il y a tout ce qui ne se voit pas. Qu'est-ce qu'on mange ce soir ? Est-ce qu'il reste du riz ? Est-ce que les enfants vont manger ça ? Est-ce que j'ai l'énergie de me lancer dans ce plat un mercredi soir ?
Ce sont trois questions. Elles arrivent ensemble, elles arrivent tous les soirs, et elles arrivent toujours au même moment — quand la personne qui les porte a le moins de marge pour y répondre. Et elles ne figurent sur aucune liste de tâches. Personne ne les a assignées. Personne ne les reconnaît. Elles sont simplement là, chaque soir, portées par la même personne.
La liste, on peut la partager. Les trois questions, personne ne pense à les poser — parce que personne ne sait qu'elles existent, à part la personne qui les porte déjà.
Cet article n'est pas un article sur le partage
On pourrait écrire : « partager la charge avec votre partenaire ». C'est le conseil qu'on entend le plus souvent. Et pour certains foyers, c'est une partie de la réponse.
Mais ce n'est pas ce que fait Yaya Gemma, l'appli idée repas. Elle ne partage pas les trois questions avec quelqu'un d'autre dans le foyer. Elle ne les transfère pas. Elle les retire.
La différence est importante. Partager, c'est déplacer la moitié du poids. L'autre moitié reste. Et elle reste sur les mêmes épaules que d'habitude — parce que coordonner le partage, c'est encore une décision. Vérifier que l'autre a bien fait les courses, c'est encore une tâche. Et expliquer ce qu'il faut acheter et pourquoi, c'est refaire le travail invisible à voix haute.
Ce que fait Yaya Gemma, c'est autre chose. Elle regarde ce qu'il y a dans la cuisine, elle tient compte de la soirée, et elle décide. La personne qui portait les trois questions n'a plus besoin de les porter — ni de les confier à quelqu'un d'autre.
Parce que le problème n'est pas de savoir qui décide quoi cuisiner ce soir. Le problème, c'est que quelqu'un doive décider, tous les soirs, avec tout ce que ça implique — vérifier, évaluer, anticiper, ajuster — au moment où il reste le moins.
La vraie question n'est pas « qui porte les trois questions ? ». C'est « pourquoi faut-il encore les porter ? »
Retirer les questions, pas les déplacer
Yaya Gemma regarde ce qu'il y a dans votre cuisine. Elle tient compte de la soirée que vous avez, chargée ou tranquille — sans jamais regarder ce qu'il y a dedans. Et elle vous dit quoi cuisiner ce soir.
Un dîner. Un seul. Avec ce qui est déjà là, et à la hauteur de la soirée que vous avez.
Ce qui manque est déjà sur une liste — faite avant les courses, pas à 18h45. Et si ce soir ne convient pas — « pas celui-là » — elle en trouve un autre avec ce que vous avez. Pas un nouveau planning. Pas une liste de dix idées. Un autre dîner, adapté à maintenant.
Ce n'est pas un outil pour mieux déléguer. Ce n'est pas un outil pour mieux s'organiser. C'est un dîner, chaque soir, qui arrive sans que personne ait eu à porter la question.
Personne dans le foyer n'a besoin de prendre le relais. Les trois questions ne changent pas de porteur — elles n'existent plus.
Parce que le soir, la personne qui a toujours porté « qu'est-ce qu'on mange ? » mérite une soirée où la réponse est déjà là.
Et quand personne ne décide à temps, ce qui reste dans la cuisine attend — jusqu'à finir à la poubelle.
Porter la liste sans relais, c'est aussi porter l'organisation de la semaine. Et l'organisation de la semaine, justement, ne tient jamais.
Découvrir comment Yaya Gemma décide pour vous →
Source : Ipsos × Fondation Nestlé France, 3e édition, mars 2023 (n ≈ 1 000).